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Les chiffonniers bretons de Paris, par Hervé Luxardo

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Les chiffonniers bretons de Paris (Asnières, Colombes, Argenteuil, Saint-Ouen, Gennevilliers, Saint-Denis) de Luc Corlouer. 22 euros

 

Éditions Le Cormoran (2024)

JLCom. BP 27

Labenne 40530

 

Avec la révolution industrielle et l’avènement des chemins de fer de la moitié du XIXe siècle, débute une immigration massive des provinces françaises vers la capitale et sa banlieue.

En 1860, les grands travaux du baron Hausman repoussent les limites de Paris. La capitale qui comptait douze arrondissements intègre des villages proches de l’enceinte des Fermiers Généraux. À la chute du Second Empire, Paris approche les deux millions d’habitants. C’est dans ce nouvel environnement urbain que va s’installer, dans la zone des « Fortifs », un peuple composé de petits paysans, d’ouvriers, de terrassiers de fileuses et de filandières arrivés notamment de Bretagne. Pendant plus de soixante ans, des familles dont la principale activité fut la récupération des chiffons vont y vivre dans des baraques en bois. Sous le règne de Napoléon III, tout un monde de chiffonniers maniant le crochet et portant une hotte, parfois tirant une charrette à bras, s’y affairait. Comme dans tous les métiers de la rue (forts aux halles, débardeurs de port…), le chiffonnier était identifié par la police grâce à une plaque en laiton sur laquelle figurait sa date de naissance, sa taille, la description de son visage. Les chiffonniers récupéraient ainsi ferrailles, jouets, peaux de lapin, chiffons… L’auteur nous offre de nombreuses gravures et surtout des photographies indispensables de ce monde étonnant qui permettent de mieux appréhender leur environnement social et urbain ; comme la photo de ce chiffonnier, prise en 1895, remontant la rue Saint-Vincent, vers Montmartre, avec son chien et sa charrette, alors encadrée de grands murs de pierres et de quelques maisons à l’ombre de grands arbres. Le livre promène le lecteur dans les banlieues de l’ancienne Seine-et-Oise d’Asnières, de Colombes, d’Argenteuil, de Saint-Denis… À Asnières, on ne devrait pas être étonné de découvrir une chapelle dite des « chiffoniers » dans un monde toujours très influencé par le christianisme. Là, les Bretons y ont le monopole de la « chiffe », tandis que les Auvergnats sont dans le charbon et le commerce de bouche et les Creusois dans le terrassement. Ici, la communauté bretonne est originaire de toutes ses régions : de Brest, Quimper, Auray, Vannes, Paimpol et Rennes ; des Bretons, parfois nostalgiques de leur village, mais qui s’intégrèrent facilement à la nouvelle civilisation urbaine.

Un livre agréable de 195 pages qui raconte une histoire oubliée des provinces de France et de Paris.

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