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NOSTALGIE

Mokarex par Gilles Ragache
Mokarex - "Le Roi du Café"
par Gilles Ragache

« Comme l’Atlantide, l’enfance est un continent englouti. En apparence il n’en subsiste rien. En apparence seulement, car si par inadvertance le regard se pose sur certains objets, les souvenirs reviennent en force. » ai-je écrit en préambule de « L’oeil vert de la radio ». Et ce principe s’applique à bien des objets aujourd’hui oubliés. Ainsi la découverte d’une série de figurines Mokarex au fond d’un tiroir évoque-t-elle immédiatement pour beaucoup d’hommes de ma génération (celle des « gamins Doisneau » de l’après-guerre) des souvenirs de collections, d’échanges, de parties de billes acharnées lors de la récréation et même de séances de peinture plus ou moins heureuses… Car on pouvait peindre - ou tenter de peindre ! - ces figurines grises ou dorées, enfouies sous les grains odorants du café Mokarex. Pendant deux décennies, elles ont connu un succès considérable, succès qui ne se dément pas de nos jours car des collectionneurs y sont toujours attentifs. Depuis la sortie de « L’oeil vert de la radio » dans lequel j’évoque les « Mokarex », des lecteurs m’ont demandé ce que je savais exactement à leur sujet :
Par qui et quand a été créée cette marque de café devenue légendaire ? Combien de figurines a-t-elle émises ? Et qui étaient donc les artistes (car il s’agit bien d’artistes !) qui les ont réalisées ? Comment étaient organisés les concours de peinture qui ont rencontré un engouement certain ?
Autant de questions auxquelles je vais essayer de répondre
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Une mémoire du bout du monde  - Jacques Rouil

Jacques Rouil:

Une mémoire du bout du monde. Ed. Cheminements 2003

et

Le goût des ciels sans nuage. Ed. Feuillage 2016


Jacques Rouil est un solide Normand «du bout du monde» c’est-à-dire du Cotentin, cette presqu’ile verte, venteuse et bocagère trop souvent méconnue(sauf dans son extrême sud proche du Mont Saint Michel). Il y est né juste après une guerre qui, en 1944, a marqué toute la Normandie libérée au prix de terribles destructions comme à Avranches ou Saint-Lô. Il est donc né et a été élevé dans un milieu rural profondément ancré dans ce terroir rugueux mais très attachant, verdoyant car abondamment arrosé par la pluie et parfois même la neige comme il le raconte très bien dans Une mémoire du bout du monde. Il sait faire revivre les hivers ou, gamin, il se réchauffait avec son frère devant un feu de bois chez la grand-mère, mais aussi les odeurs de sous-bois et les cavalcades dans les champs avec ses copains. Il décrit aussi, avec justesse mais sans complaisance, les hommes et les femmes de cette époque, rudes au travail, parfois «taiseux» mais souvent généreux même quand ils n’avaient pas grand-chose à offrir. Donc un regard rétrospectif sur un monde aujourd’hui bien lointain, pourtant encore présent par certains aspects. C’est cette confrontation entre la modernité et la tradition qu’il évoque aussi dans Le goût des ciels sans nuages où il observe comment quatre gamins de la génération suivante, devenus des citadins et vivant souvent loin du Cotentin, reviennent au pays pour des vacances chez leurs grands-parents. Mis en miroir, ces deux ouvrages, permettent de mieux comprendre l’évolution du monde rural – et plus largement de la France - au cours du dernier demi-siècle. Une histoire observée de l’intérieur et qui sonne juste.