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MOLIERE A SAINT-GERMAIN-EN-LAYE - Claude-Catherine Ragache

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MOLIERE A SAINT-GERMAIN-EN-LAYE - Claude-Catherine Ragache
MOLIERE A SAINT-GERMAIN-EN-LAYE
Par Claude-Catherine Ragache

Avant de s’installer à Versailles, le roi aimait séjourner à Saint-Germain-en-Laye : il y était né au Château Neuf, son père Louis XIII y était mort, et c’est au Château Vieux qu’il avait trouvé refuge avec sa mère la régente Anne d’Autriche dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649. Tous deux avaient en effet quitté précipitamment le Palais du Louvre pour fuir Paris en proie à une émeute déclenchée par la révolte du Parlement allié à de grands nobles. Depuis Louis XIV préférait garder ses distances avec la capitale.
Comme il le ferait plus tard pour Versailles, le roi entreprit au Château Vieux, qui n’était pas des plus confortables, des travaux d’aménagement et d’embellissement, faisant notamment réaliser par Le Nôtre la vaste terrasse qui domine les jardins et offre une vue splendide sur la vallée de la Seine. Il fit aussi transformer l’ancienne Salle de Mars de l’aile ouest, utilisée comme salle de danse, en Salle des Comédies, la plus vaste du royaume puisque d’une superficie de plus de 500m2.
C’est dans cet espace gigantesque que la troupe de Molière fut invitée à se produire lors des fêtes royales marquant la fin du long deuil imposé à la Cour par la mort de la reine mère Anne d’Autriche en janvier 1666. Ces fêtes, qui commencèrent le 2 décembre 1666, se poursuivirent jusqu’à la fin février 1667, incluant ainsi les réjouissances liées au carnaval. A la demande de Louis XIV, Molière écrivit trois pièces destinées à être jouées devant la Cour lors ces festivités.
Le roi ayant commandé un ballet, le poète Isaac de Benserade imagina Le Ballet des Muses, pour lequel Jean-Baptiste Lully écrivit la musique, et l’architecte italien Vigarani dessina les décors. Le ballet comportait treize entrées, dont neuf étaient consacrées à la présentation de chacune des muses à Louis XIV. Pour la troisième entrée, celle de Thalie, la muse de la Comédie, Molière avait écrit Mélicerte, une comédie pastorale héroïque en 2 actes, dont il ne put présenter qu’une version inachevée.
Le 5 janvier, pour l’entrée consacrée à Euterpe, muse de la Pastorale, Molière donna une deuxième comédie du même type, mais traitée de façon parodique, La Pastorale comique, qui remplaça Mélicerte. On pouvait y voir le roi dans un rôle de berger, entouré de Mlle de La Vallière et de Mme de Montespan, ses favorites, ainsi que de Madame Henriette, sa belle-soeur. Lors d’une répétition Armande, jalouse de l’affection que portait son époux Molière au
comédien Baron, aurait giflé le jeune garçon, alors âgé de 13 ou 14 ans. Elle ne fit d’ailleurs pas partie de la distribution des rôles pour cette pièce. Puis le 14 février, une comédie-ballet, Le Sicilien ou l’Amour peintre, succéda à la pastorale. Dans la mascarade finale, le roi interprétait un « Maure de qualité ». En témoignage de sa satisfaction, il offrit à la troupe de Molière une nouvelle gratification de 6000 livres à la fin des festivités.
En 1670, le 4 février, jour du Mardi-Gras, Molière présenta au Château Vieux une nouvelle comédie-ballet en 5 actes, Les Amants magnifiques, dont Louis XIV lui avait proposé le sujet. Les comédiens y évoluaient dans de somptueux décors, qui représentaient tour à tour des montagnes, des nuages, une vaste mer, une île, un fleuve, une forêt. Lors de la première représentation Louis XIV aurait interprété les rôles de Neptune et d’Apollon, avant de se récuser pour ne plus jamais apparaître sur scène.
Enfin le remariage de Monsieur, frère du roi, donna lieu en décembre 1671 à de nouvelles réjouissances au Château de Saint-Germain. Pour cette occasion, Louis XIV voulut offrir à sa nouvelle belle-soeur, la Princesse Palatine, arrivée la veille de Bavière, un Ballet des Ballets incluant le meilleur de la musique de danse créée sous son règne. Il chargea Molière d’imaginer une comédie reliant tous ces morceaux musicaux entre eux : ce fut La comtesse d’Escarbagnas, entrecoupée d’airs extraits entre autres du Bourgeois gentilhomme et de Psyché. La pièce fut reprise plusieurs fois à Saint-Germain au cours du mois de février suivant, pendant les fêtes du carnaval. Déjà malade, Molière n’y tint aucun rôle. Ce fut la dernière commande royale qu’il reçut. Moins de deux ans après il mourait à son domicile parisien, quelques heures après la quatrième représentation du Malade imaginaire, le 17 février 1673.

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