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Lire et relire

Dessins de guerre par André Warnod

André Warnod, dessins de guerre, présentés par Janine Warnod, éditions Lienart, 2016, 15 euros.


De même que Roland Dorgelès avait toujours la plume à la main pour prendre des notes, même dans les tranchées de Champagne, son ami André Warnod ne quittait jamais son crayon. Mobilisé le 2août 1914 comme Pierre Mac Orlan et plusieurs Montmartrois au 269ème d'infanterie, et bientôt désigné comme brancardier après une attaque allemande particulièrement meurtrière à Izel-lès-Equerchin, il fut capturé en septembre et interné en Saxe dans le camp de Mersebourg. Libéré en mai 1915 grâce à un échange de prisonniers obtenu par la Croix-Rouge, il rapporta de ce séjour forcé en Allemagne de nombreux croquis illustrant la vie quotidienne des prisonniers. Accompagnés de textes et publiés dès son retour dans Le Figaro,ces dessins d'André Warnod furent parmi les premiers témoignages rendus publics en France sur la vie des camps.

Jeanine Warnod, la fille d'André, a publié en souvenir de son père un joli petit ouvrage intitulé André Warnod, Dessins de guerre. Après un bref rappel biographique, on y trouve de nombreux croquis, mais aussi des extraits de lettres envoyées du front à sa fiancée et d'articles publiés dès son retour d'Allemagne.

Voir l'article sur Montmartre en 1914

Destin français par Eric Zemmour

Eric Zemmour "Destin français”

(Albin Michel) 24,50 euros .

Dans Destin Français, Eric Zemmour nous parle tout d'abord d'un temps pas si ancien que cela : celui de l'enfance dans les années 1960 où il n' y avait pas de rupture entre l'école et la télévision, celui où le petit Zemmour participait intensément au duel Danton-Robespierre de l'émission réalisée par les historiens Alain Decaux et André Castelot,"La caméra explore le temps". Dans ce continent englouti de l'enfance, il se révoltait contre la misère de Jacquou le Croquant et tombait amoureux d'Aurore de Nevers héroïne du "Bossu” par le cinéaste André Hunebelle...

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Jacques Rouil
Jacques Rouil
        Dans la peau d’un Gaulois. Essai sur une identité française, éditions Feuillages, 2015. 18 euros.
        Voyage dans une France inquiète. Révolution, émancipation, modernisation et désillusions du progrès dans un terroir normand, Préface de Jean-Pierre Le Goff. Editions Quint’feuille, 2019. 20 euros.

Il y a peu on disait encore « Régions » et le mot laissait deviner la riche diversité des paysages français. Aujourd’hui on parle de « Territoires », fruits sans âme d’un découpage administratif qui préfère l’économie à la géographie. Il y a peu, les villes s’ouvraient sur des campagnes ennoblies par le travail des hommes, aujourd’hui elles sont entourées de hideuses zones commerciales et/ou industrielles plaquées sur d’arides surfaces bétonnées. Il y a peu, on aimait les paysans qui, souvent au prix d’un dur labeur, nourrissaient leurs concitoyens. Aujourd’hui on accuse la majorité d’entre-eux de polluer, d’empoisonner, de détruire la nature. Il y a peu les citadins restaient proches des campagnes, les vraies, celles où presque chaque habitant avait ses clapiers, son poulailler, parfois quelques chèvres, et cultivait ses légumes à partir des graines qu’il pouvait recueillir chaque année. Aujourd’hui on ne commercialise plus que des variétés de légumes hybrides dont les graines sont stériles, et les citadins confondent volontiers espaces agricoles et espaces de loisirs.
        Alors, si l’on veut comprendre le désarroi emprunt de nostalgie de ceux d’entre nous qui se souviennent des campagnes de la France d’autrefois, il faut lire ces deux ouvrages du Normand Jacques Rouil. Né et élevé dans une ferme du bocage manchot avant de quitter la terre pour devenir journaliste, Jacques Rouil fait revivre et dénonce avec amertume, mais aussi avec une émotion teintée de poésie, la disparition de la vie rurale traditionnelle dans les années 1970, et de valeurs culturelles transmises de génération en génération. Reprenant par défi et avec fierté ce surnom de « Gaulois » dont des populations d’une culture totalement étrangère à la nôtre nous ont affublés avec mépris, il ne cache pas son inquiétude...

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Juin 1940 - Gilles Ragache
Gilles Ragache qui a multiplié ces dernières années des études originales sur les années 1940 ( notamment Les 18 juin chez Larousse et Les combats oubliés des armées du Centre [15 - 25 juin 1940 ] chez Economica) nous livre une histoire quasiment exhaustive du terrible mois de juin 1940 . Exhaustive et qui se lit comme un roman . C ' est notamment ce qui fait le sel de cette analyse minutieuse,  nous livrer des détails ignorés ou inconnus pour mieux faire comprendre la complexité des enjeux  de cette période. Ainsi le travail  sur  archives  permet d ' aller au-delà des clichés et des fausses évidences historiques  sur la débâcle  et nous fait découvrir la formidable résistance d ' une partie de l ' armée française  ( la VII ème du général Frère) à l ' avancée  de la Wehrrmacht  . Une résistance qui n 'est vraiment pas symbolique puisqu 'elle dessine la future ligne de démarcation !
On croit tout connaître de  l ' exode qui a été maintes fois porté à l ' écran dans des fictions et des documentaires...JUIN 1940 nuance largement cette idée reçue. Ainsi, aux alentours du 14 juin , Gilles  Ragache note malicieusement que les élites parisiennes, ont décidé de " se replier ". Il s 'en suit des situations dignes d ' un scénario qu ' on n 'oserait imaginer.Dans l ' affolement Picasso et Dora Maar se trompent de direction et...tombent aux mains de l ' armée allemande. Simone de Beauvoir connaît la même mésaventure et se dit impressionnée " par la jeunesse et le bonheur " des envahisseurs...

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