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Destin français par Eric Zemmour

Eric Zemmour "Destin français”

(Albin Michel) 24,50 euros .

Dans Destin Français, Eric Zemmour nous parle tout d'abord d'un temps pas si ancien que cela : celui de l'enfance dans les années 1960 où il n' y avait pas de rupture entre l'école et la télévision, celui où le petit Zemmour participait intensément au duel Danton-Robespierre de l'émission réalisée par les historiens Alain Decaux et André Castelot,"La caméra explore le temps". Dans ce continent englouti de l'enfance, il se révoltait contre la misère de Jacquou le Croquant et tombait amoureux d'Aurore de Nevers héroïne du "Bossu” par le cinéaste André Hunebelle...

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Jacques Rouil
Jacques Rouil
        Dans la peau d’un Gaulois. Essai sur une identité française, éditions Feuillages, 2015. 18 euros.
        Voyage dans une France inquiète. Révolution, émancipation, modernisation et désillusions du progrès dans un terroir normand, Préface de Jean-Pierre Le Goff. Editions Quint’feuille, 2019. 20 euros.

Il y a peu on disait encore « Régions » et le mot laissait deviner la riche diversité des paysages français. Aujourd’hui on parle de « Territoires », fruits sans âme d’un découpage administratif qui préfère l’économie à la géographie. Il y a peu, les villes s’ouvraient sur des campagnes ennoblies par le travail des hommes, aujourd’hui elles sont entourées de hideuses zones commerciales et/ou industrielles plaquées sur d’arides surfaces bétonnées. Il y a peu, on aimait les paysans qui, souvent au prix d’un dur labeur, nourrissaient leurs concitoyens. Aujourd’hui on accuse la majorité d’entre-eux de polluer, d’empoisonner, de détruire la nature. Il y a peu les citadins restaient proches des campagnes, les vraies, celles où presque chaque habitant avait ses clapiers, son poulailler, parfois quelques chèvres, et cultivait ses légumes à partir des graines qu’il pouvait recueillir chaque année. Aujourd’hui on ne commercialise plus que des variétés de légumes hybrides dont les graines sont stériles, et les citadins confondent volontiers espaces agricoles et espaces de loisirs.
        Alors, si l’on veut comprendre le désarroi emprunt de nostalgie de ceux d’entre nous qui se souviennent des campagnes de la France d’autrefois, il faut lire ces deux ouvrages du Normand Jacques Rouil. Né et élevé dans une ferme du bocage manchot avant de quitter la terre pour devenir journaliste, Jacques Rouil fait revivre et dénonce avec amertume, mais aussi avec une émotion teintée de poésie, la disparition de la vie rurale traditionnelle dans les années 1970, et de valeurs culturelles transmises de génération en génération. Reprenant par défi et avec fierté ce surnom de « Gaulois » dont des populations d’une culture totalement étrangère à la nôtre nous ont affublés avec mépris, il ne cache pas son inquiétude...

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Juin 1940 - Gilles Ragache
Gilles Ragache qui a multiplié ces dernières années des études originales sur les années 1940 ( notamment Les 18 juin chez Larousse et Les combats oubliés des armées du Centre [15 - 25 juin 1940 ] chez Economica) nous livre une histoire quasiment exhaustive du terrible mois de juin 1940 . Exhaustive et qui se lit comme un roman . C ' est notamment ce qui fait le sel de cette analyse minutieuse,  nous livrer des détails ignorés ou inconnus pour mieux faire comprendre la complexité des enjeux  de cette période. Ainsi le travail  sur  archives  permet d ' aller au-delà des clichés et des fausses évidences historiques  sur la débâcle  et nous fait découvrir la formidable résistance d ' une partie de l ' armée française  ( la VII ème du général Frère) à l ' avancée  de la Wehrrmacht  . Une résistance qui n 'est vraiment pas symbolique puisqu 'elle dessine la future ligne de démarcation !
On croit tout connaître de  l ' exode qui a été maintes fois porté à l ' écran dans des fictions et des documentaires...JUIN 1940 nuance largement cette idée reçue. Ainsi, aux alentours du 14 juin , Gilles  Ragache note malicieusement que les élites parisiennes, ont décidé de " se replier ". Il s 'en suit des situations dignes d ' un scénario qu ' on n 'oserait imaginer.Dans l ' affolement Picasso et Dora Maar se trompent de direction et...tombent aux mains de l ' armée allemande. Simone de Beauvoir connaît la même mésaventure et se dit impressionnée " par la jeunesse et le bonheur " des envahisseurs...

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Le réveil des morts - Roland Dorgelès

Roland Dorgelès, Le Réveil des morts

Albin Michel, 1923

Réédition. Le Trotteur ailé, coll. « Lettres de Picardie », 2010.


Il y a cent ans, le 11 novembre 1918 à 11 heures, le clairon Sellier sonnait le cessez-le-feu tant espéré depuis 52 mois de guerre. Si cette sonnerie signifiait la fin des combats pour les centaines de milliers d’hommes encore présents sur le champ de bataille, elle signifiait aussi, pour les habitants des régions libérées du Nord et de l’Est de la France, l’immense espoir de rentrer enfin chez eux pour y reprendre une vie normale. Hélas dans la plupart des cas, tout n’y était que ruines inhabitables, sols pollués impropres à la culture, usines éventrées,voies de communications coupées ...

Parmi les départements dévastés, l’Aisne avait été le plus touché. L’écrivain Roland Dorgelès, qui avait combattu dans les tranchées près du Chemin des Dames au cours du premier hiver de la guerre, y effectua en 1922 un sombre pèlerinage au cours duquel il découvrit les blessures profondes infligées par la guerre à ce qu’il appela les « pays aplatis ». Malgré tout les habitants y revenaient peu à peu. Tout y était à reconstruire, à « reconstituer », selon la terminologie officielle. Roland Dorgelès s’embaucha alors comme métreur chez un architecte, s’installa à Celles-sur-Aisne dans une baraque provisoire de la ferme de Chimy et, pendant plusieurs semaines, il put observer l’acharnement désespéré avec lequel les premiers habitants revenus au pays essayaient de relever les ruines de ce qui avait été leur village. Il tira de son séjour un roman, Le Réveil des morts qui, sous couvert d’une intrigue sentimentale bien menée, relate les efforts incessants de ces populations sinistrées, tout en dénonçant avec virulence les tracasseries administratives et l’indifférence auxquelles elles se heurtent. Il ne cache pas sa colère contre les profiteurs de tout poil qui s’abattent sur la région, trafiquants de dommages de guerre ou, pire encore, marchands de morts amassant des fortunes en obtenant de juteux marchés pour déterrer les nombreux cadavres encore enfouis dans le sol, travail qu’ils bâclent souvent sans respect pour ces morts et leurs familles.

Pour en savoir plus voir Claude-Catherine Ragache, Roland Dorgelès, combattant, journaliste, écrivain, Economica, 2015.