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Le mystère Clovis - Philippe de Villiers
Philippe de Villiers
Le mystère Clovis
Albin Michel, 2018. 22 euros

Connu pour être le créateur du Puy du Fou[1] , Philippe de Villiers est aussi l'auteur de plusieurs biographies historiques, dont celles de Jeanne d'Arc et Saint Louis. Avec Le mystère Clovis, il nous plonge cette fois dans une époque plus lointaine encore et peu connue, mais pourtant essentielle de notre histoire. Il nous raconte en effet comment ce guerrier franc, qui n'était à l'origine que "le petit roi de Tournai" réussit, par force ou par ruse, à s'emparer des royaumes barbares qui se partageaient les débris de l'Empire romain d'Occident et à les unifier sous son commandement, dessinant ainsi le futur territoire de la France. Longtemps l'Histoire n'a retenu de Clovis que deux épisodes marquants, celui du "Vase de Soissons" et celui de son baptême. Philippe de Villiers les replace dans leur contexte, permettant au lecteur de mieux saisir la profonde évolution de ce guerrier cruel et sanguinaire en un fin politique capable d'humilité et de pardon. Privilégiant le mode narratif à la première personne, l'auteur donne la parole à Clovis, restituant ainsi dans toute son intime complexité le long cheminement vers la conversion de ce personnage partagé entre sa fidélité aux croyances ariennes de ses ancêtres et son attirance pour la foi chrétienne. Sans oublier le rôle essentiel joué par trois personnages proches de Clovis : Rémi l'évêque de Reims, qui le fait bénéficier de ses conseils, Geneviève la "diaconnesse" de Lutèce, qu'il admire pour sa foi et son courage, et son épouse Clotilde, adepte de la religion catholique depuis son enfance.
Usant avec une jubilation non feinte d'un vocabulaire et d'expressions qui se rattachent aux origines franques de notre langue, Philippe de Villiers reconstitue avec réalisme la violence des mêlées guerrières ou le décor des cérémonies franques. Il nous fait mieux comprendre les mentalités gallo-romaines empruntes de superstitions et sensibles aux miracles. Il ne craint pas de faire certains parallèles entre le Vème siècle finissant, qui voyait l'effondrement du monde romain, et l'époque contemporaine agitée de doutes et de craintes quant à l'avenir de notre civilisation.
Clovis, un guerrier conquérant, un législateur mais, aussi une légende et un mystère qui constituent pour Philippe de Villiers une partie de l' identité de ce qui deviendra plus tard la France à laquelle sa tribu a donné son nom.

[1] Voir dans notre rubrique "Articles divers" le texte de Christelle Boyssou : Le Puy du Fou, la genèse (1977-1978)
L'été des quatre Rois - Camille Pascal
Camille Pascal : L’Eté des quatre Rois, juillet-août 1830.
Plon 2018, réédition Pocket 2019.

Il est des heures où l’Histoire s’emballe. La Révolution de 1830 en est un bon exemple. En quelques journées d’été surnommées « Les trois Glorieuses » et marquées par une chaleur caniculaire, la dynastie régnante des Bourbons est démise du pouvoir, l’espoir d’un retour à la République balayé, la revanche de la branche d’Orléans jusque là soigneusement écartée du trône enfin consommée. Lors de ces heures incertaines, comme l’indique le titre choisi par Camille Pascal quatre rois sont en présence : du côté des Bourbons, Charles X qui finalement va se résigner à abdiquer, mais de très mauvaise grâce ; son fils le duc d’Angoulême, intellectuellement incapable de gouverner et sujet à des crises d’épilepsie, qui ne régnera que quelques heures sous le nom de Louis XIX ; et son petit-fils le duc Henri de Bordeaux, âgé de 9 ans, que son grand-père accepte de désigner comme l’héritier du trône. Côté Orléans, l’indécis Louis-Philippe, que plusieurs élus républicains et banquiers d’affaire, inquiets d’un possible retour aux excès de la Terreur, sortent de sa retraite bourgeoise et familiale pour lui confier les rênes d’une nouvelle monarchie constitutionnelle...

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De Gaulle 1969 - L'autre révolution - Arnaud Teyssier
« De Gaulle 1969 – L’autre révolution »
par Arnaud Teyssier. Perrin. 2019. 22 euros.

Dans un essai dense et bien documenté, Arnaud Teyssier s’attache à faire revivre l’action du général de Gaulle après la forte commotion qu’a représentée le printemps 1968. Il s’attache en particulier à l’année 1969 trop souvent résumée par les chroniqueurs comme une simple fin de partie - avant le départ définitif du Général - symbolisée par les émouvantes photographie d’un bref voyage en Irlande sur les traces de lointains ancêtres. Pourtant si la déception fut forte après le printemps 1968, le rétablissement n’en fut que plus spectaculaire et contrairement à ce qui est trop souvent dit, Arnaud Teyssier montre que le Général de Gaulle a continué de gouverner la France pendant un an. Jusqu’en avril 1969, il a peaufiné d’importants projets de réformes dont celle - qui lui sera fatale - du Sénat. De même, il a refusé de dévaluer le franc prenant ainsi à contrepied tous les spéculateurs qui avaient misé sur l’inverse et il a persisté dans sa recherche d’une réelle « participation » des travailleurs à la vie de leur entreprise. Un thème social auquel il tenait beaucoup depuis des années et à propos duquel plusieurs textes avaient déjà été adoptés...

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De Gaulle et les Grands - Eric Banca
De Gaulle et les Grands
par Eric Branca (éditions Perrin)

Historien, journaliste et essayiste, Eric Branca est un fin connaisseur du gaullisme auquel il a consacré plusieurs ouvrages dont un excellent « L’ami américain. Washington contre de Gaulle (1940-1969) » dont nous avons déjà parlé dans ces colonnes.

Avec « De Gaulle et les Grands », il s’attaque aux rapports complexes que le dirigeant de la France libre, devenu ensuite président et fondateur d’une République française solide et rénovée par lui, a entretenu de par le monde avec nombre de grands chefs d’Etat. En une série de chapitres denses et incisifs Eric Branca commence logiquement par les Grands de la Seconde guerre mondiale, dont bien sûr Churchill, mais aussi Roosevelt et Staline avec lesquels les rapports furent intenses et souvent orageux.

Un chapitre très original est consacré à Ben Gourion car il va à l’encontre de ce que l’on lit trop souvent sur les tensions entre de Gaulle et Israël. En effet, Eric Branca nous montre, documents à l’appui, qu’une amitié forte et jamais démentie (même en 1967) lia toujours les deux hommes. Une amitié qui remontait à l’époque de la France libre et perdura jusqu’au bout.

Les deux derniers chapitres consacrés à Franco et plus encore à Mao correspondent à la fin de la vie du Général. Les faits que nous relate Eric Branca sont peu connus car après être allé se ressourcer en Irlande (en 1969), le Général s’est rendu en Espagne en 1970 où il a rencontré brièvement Franco, le dirigeant espagnol si controversé. Ce sera son dernier grand voyage. Mais le dernier chapitre du livre réserve une surprise au lecteur à propos de Mao et de De Gaulle. Il semble que les deux hommes ont entretenu une estime réciproque, même si chacun faisait des réserves sur les options politiques de l’autre...

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