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Lire et relire

Paris sous la terreur - Evelyne Lever

Evelyne Lever

Paris sous la Terreur. Fayard ( 23euros).

Dans cet ouvrage Evelyne Lever, qui a déjà beaucoup écrit sur le XVIIIème siècle, s'étonne de ce que la révolution des Droits de l'Homme et du Citoyen ait pu engendrer " la Terreur ". "La Terreur jette une ombre insupportable sur la Révolution " constate-t-elle. Le constat est effectivement effrayant : près de 17 000 exécutions, dont 2625 rien qu'à Paris, entre le printemps 1792 et l'été 1794. À ces chiffres, il faut ajouter les fusillades, sabrages et autres noyades ordonnés par les députés chargés de missions en province par la Convention Nationale, et les quelques 200 000 morts des guerres de Vendée et de l'Ouest décidées par le Paris révolutionnaire. Car s'il est vrai que la France entre en révolution dès la fin des années 1780, c'est évidemment Paris et sa minorité révolutionnaire qui dictent la marche des événements...


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A propos des ingérences américaines en France (1945-1970)
A propos des ingérences américaines en France (1945-1970)

        L’intervention des Etats-Unis dans la politique intérieure française n’est pas vraiment chose nouvelle. Dès 1918, le président Wilson ne s’est pas privé d’intervenir dans les négociations destinées à mettre fin au premier conflit mondial et dans la signature des catastrophiques Traités de Versailles qui portaient sa marque et ne résolurent en rien la crise européenne née à l’époque.
        Mais à l’issue du second conflit mondial, profitant de l’affaiblissement de la France dévastée par cinq ans de guerre et par des bombardements massifs (en grande partie américains), cette fois ce sont Roosevelt puis Truman qui tentent de dicter leur loi et veulent réorganiser la France et l’Europe à leur idée. Trois livres récemment publiés montrent à quel point ces interventions américaines en France furent puissantes, systématiques et continues de 1945 à 1970, date de la mort du général De Gaulle.
        Dans le premier de ces ouvrages, L’Ami américain, Eric Branca montre que de Roosevelt à Johnson, les présidents successifs des Etats-Unis n’ont eu de cesse de contrer l’influence française dans le monde, et pour cela de combattre l’action du général De Gaulle (voir la note de lecture consacrée à ce livre sur le site de CPHF). Eric Branca met aussi en lumière le rôle trouble de Jean Monet qui incite à la construction d’une Europe sans cesse plus large et libre échangiste, pour le plus grand bonheur des grandes firmes d’Outre Atlantique.
        Le deuxième livre, écrit par Gilles Ragache et intitulé De Gaulle - L’or, le dollar et la France (1940-1970), rappelle comment les Etats-Unis n’ont eu de cesse, à partir des accords de Bretton Woods en 1944-45, d’imposer la suprématie du dollar à travers le monde et en particulier en Europe. Mais il montre aussi comment le général De Gaulle, en créant le Nouveau Franc, en rééquilibrant la balance des paiements et en assurant la souveraineté monétaire de la France, est parvenu à leur tenir tête. Ce que les Etats-Unis lui feront payer cher en 1968…

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Crois ou meurs ! - Claude Quétel
Claude Quétel

"Crois ou meurs ! Histoire incorrecte de la révolution française."

Tallandier Perrin (2019 ). 21.90 euros.

Tout comme Evelyne Lever, Claude Quétel, ancien directeur de recherche au CNRS, considère qu'il est plus que nécessaire de relire la Révolution française. A ce sujet, il en a donc écrit une nouvelle histoire, sans tabou. L 'initiative est courageuse et originale. Déjà, dans le titre, l'auteur annonce ses convictions ; par un étrange retournement des choses la Révolution française qui, pendant des décennies a été présentée dans l'historiographie comme l'aboutissement du progrès de la Raison, ne serait que l'invention d'une nouvelle foi religieuse : celle de la Révolution elle-même. C'est le sens du titre choisi : "Crois ou meurs !". Contrairement à de nombreux historiens héritiers des traditions républicaines et marxistes, Claude Quétel considère que les violences révolutionnaires et les abominations faites au nom du Peuple sont inhérentes aux idées de régénération de l'humanité...

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La France sous les bombes - Gilles Ragache
Vient de paraître-disponible aux Éditions Economica 49 rue Hericart 75015 Paris, et dans toutes les bonnes librairies.

La France sous les bombes - Gilles Ragache
Gilles Ragache
"La France sous les bombes : Allemandes – anglaises – américaines. (1940-1945)"
Editions Economica. 25 euros.

Depuis des années, Gilles Ragache mène de fructueuses recherches sur l 'histoire de la Seconde Guerre Mondiale en France. Citons parmi ses ouvrages qui renouvellent l' histoire de cette période "La fin de la campagne de France" et "L 'outre-mer français dans la guerre" (Editions Economica). Avec" La France sous les bombes allemandes, anglaises et américaines (1940-1945) " il poursuit son travail de dévoilement historique en nous livrant un tableau d' une réalité trop souvent occultée. Dans un style sobre, il nous rappelle que la France qui a d 'abord subi, au printemps 1940, les bombardements allemands et italiens a reçu, pendant 5 ans, près de 600 000 tonnes de bombes alliées, soit 6 fois plus que le tonnage lancé par le III ème Reich sur la Grande Bretagne.

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L'ami américain - Eric Branca
« L’ami américain »
Washington contre de Gaulle.
1940 – 1969

par Eric Branca

Dans un livre dense, bien écrit et très bien documenté Eric Branca dresse un tableau édifiant des rapports complexes et souvent conflictuels que la diplomatie américaine a entretenue pendant près de 30 ans avec le général de Gaulle.

S’appuyant sur de nombreuses sources d’archives françaises mais aussi et surtout américaines (dont celles de la CIA) Eric Branca confirme que dès 1940, Roosevelt préfère soutenir le gouvernement de Vichy plutôt que celui de la France libre. Tout au long de la guerre, il n’a de cesse de dénigrer le général de Gaulle et - mis devant le fait accompli - il ne le reconnaîtra officiellement qu’en octobre 1944, soit bien après la Libération de Paris. De même en 1945 et 46, Truman, le nouveau président des Etats Unis qui succède à Roosevelt, ne soutient que fort peu le gouvernement français pourtant confronté aux terribles difficultés matérielles et politiques de l’après-guerre...

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Le livre d’Eric Branca est publié aux Editions Perrin. 23 euros.
Pour les aspects monétaires du bras de fer permanent que les Etats Unis ont livré à la France, nos lecteurs pourront aussi consulter avec intérêt :
« De Gaulle – L’or, le dollar et la France (1940 – 1970) » CPHF Editions. 16 euros.
Le grand procès de l'histoire de France - Dimitri Casali

Dimitri Casali

Le grand procès de l'histoire de France. Robert Laffont, 2019. 20 euros.



Depuis de trop nombreuses années,écrire l'Histoire de France semblerait être devenu un exercice obsolète voire illégitime. En effet certains historiens (ou groupes politiques), qui confondent à l'excès recherche historique et engagement militant, ont investi l'Université puis l'Éducation Nationale pour essayer de faire passer l'idée que l'histoire du peuple français ne serait qu'un océan d'indignité. C'est, à l'évidence, une lecture très partiale et partielle des phénomènes historiques. Ce mode de pensée qui poursuit des objectifs essentiellement partisans cherche à couper les enfants (et l'ensemble de la population) de l'histoire de leurs aïeux en les présentant comme des criminels. Dans son dernier ouvrage, "Le grand procès de l'Histoire de France", Dimitri Casali montre que pour mieux effacer des mémoires jusqu'à l'appartenance à une nation, des associations et des organisations militantes instrumentalisent l'histoire de France en lançant des offensives dans les médias qui, pour une partie, relaient leurs propos et leurs actions. Ces militants somment par exemple les autorités constituées de changer des noms de rues ou d'écoles qui leur déplaisent. Ils veulent faire de Clovis, Saint-Louis, Jeanne d' Arc, Louis XIV, Voltaire, Napoléon ou Jules Ferry des personnages qui ne sont plus liés à leur époque mais deviennent des repoussoirs...

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Le mystère Clovis - Philippe de Villiers
Philippe de Villiers
Le mystère Clovis
Albin Michel, 2018. 22 euros

Connu pour être le créateur du Puy du Fou[1] , Philippe de Villiers est aussi l'auteur de plusieurs biographies historiques, dont celles de Jeanne d'Arc et Saint Louis. Avec Le mystère Clovis, il nous plonge cette fois dans une époque plus lointaine encore et peu connue, mais pourtant essentielle de notre histoire. Il nous raconte en effet comment ce guerrier franc, qui n'était à l'origine que "le petit roi de Tournai" réussit, par force ou par ruse, à s'emparer des royaumes barbares qui se partageaient les débris de l'Empire romain d'Occident et à les unifier sous son commandement, dessinant ainsi le futur territoire de la France. Longtemps l'Histoire n'a retenu de Clovis que deux épisodes marquants, celui du "Vase de Soissons" et celui de son baptême. Philippe de Villiers les replace dans leur contexte, permettant au lecteur de mieux saisir la profonde évolution de ce guerrier cruel et sanguinaire en un fin politique capable d'humilité et de pardon. Privilégiant le mode narratif à la première personne, l'auteur donne la parole à Clovis, restituant ainsi dans toute son intime complexité le long cheminement vers la conversion de ce personnage partagé entre sa fidélité aux croyances ariennes de ses ancêtres et son attirance pour la foi chrétienne. Sans oublier le rôle essentiel joué par trois personnages proches de Clovis : Rémi l'évêque de Reims, qui le fait bénéficier de ses conseils, Geneviève la "diaconnesse" de Lutèce, qu'il admire pour sa foi et son courage, et son épouse Clotilde, adepte de la religion catholique depuis son enfance.
Usant avec une jubilation non feinte d'un vocabulaire et d'expressions qui se rattachent aux origines franques de notre langue, Philippe de Villiers reconstitue avec réalisme la violence des mêlées guerrières ou le décor des cérémonies franques. Il nous fait mieux comprendre les mentalités gallo-romaines empruntes de superstitions et sensibles aux miracles. Il ne craint pas de faire certains parallèles entre le Vème siècle finissant, qui voyait l'effondrement du monde romain, et l'époque contemporaine agitée de doutes et de craintes quant à l'avenir de notre civilisation.
Clovis, un guerrier conquérant, un législateur mais, aussi une légende et un mystère qui constituent pour Philippe de Villiers une partie de l' identité de ce qui deviendra plus tard la France à laquelle sa tribu a donné son nom.

[1] Voir dans notre rubrique "Articles divers" le texte de Christelle Boyssou : Le Puy du Fou, la genèse (1977-1978)
L'été des quatre Rois - Camille Pascal
Camille Pascal : L’Eté des quatre Rois, juillet-août 1830.
Plon 2018, réédition Pocket 2019.

Il est des heures où l’Histoire s’emballe. La Révolution de 1830 en est un bon exemple. En quelques journées d’été surnommées « Les trois Glorieuses » et marquées par une chaleur caniculaire, la dynastie régnante des Bourbons est démise du pouvoir, l’espoir d’un retour à la République balayé, la revanche de la branche d’Orléans jusque là soigneusement écartée du trône enfin consommée. Lors de ces heures incertaines, comme l’indique le titre choisi par Camille Pascal quatre rois sont en présence : du côté des Bourbons, Charles X qui finalement va se résigner à abdiquer, mais de très mauvaise grâce ; son fils le duc d’Angoulême, intellectuellement incapable de gouverner et sujet à des crises d’épilepsie, qui ne régnera que quelques heures sous le nom de Louis XIX ; et son petit-fils le duc Henri de Bordeaux, âgé de 9 ans, que son grand-père accepte de désigner comme l’héritier du trône. Côté Orléans, l’indécis Louis-Philippe, que plusieurs élus républicains et banquiers d’affaire, inquiets d’un possible retour aux excès de la Terreur, sortent de sa retraite bourgeoise et familiale pour lui confier les rênes d’une nouvelle monarchie constitutionnelle...

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De Gaulle 1969 - L'autre révolution - Arnaud Teyssier
« De Gaulle 1969 – L’autre révolution »
par Arnaud Teyssier. Perrin. 2019. 22 euros.

Dans un essai dense et bien documenté, Arnaud Teyssier s’attache à faire revivre l’action du général de Gaulle après la forte commotion qu’a représentée le printemps 1968. Il s’attache en particulier à l’année 1969 trop souvent résumée par les chroniqueurs comme une simple fin de partie - avant le départ définitif du Général - symbolisée par les émouvantes photographie d’un bref voyage en Irlande sur les traces de lointains ancêtres. Pourtant si la déception fut forte après le printemps 1968, le rétablissement n’en fut que plus spectaculaire et contrairement à ce qui est trop souvent dit, Arnaud Teyssier montre que le Général de Gaulle a continué de gouverner la France pendant un an. Jusqu’en avril 1969, il a peaufiné d’importants projets de réformes dont celle - qui lui sera fatale - du Sénat. De même, il a refusé de dévaluer le franc prenant ainsi à contrepied tous les spéculateurs qui avaient misé sur l’inverse et il a persisté dans sa recherche d’une réelle « participation » des travailleurs à la vie de leur entreprise. Un thème social auquel il tenait beaucoup depuis des années et à propos duquel plusieurs textes avaient déjà été adoptés...

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De Gaulle et les Grands - Eric Banca
De Gaulle et les Grands
par Eric Branca (éditions Perrin)

Historien, journaliste et essayiste, Eric Branca est un fin connaisseur du gaullisme auquel il a consacré plusieurs ouvrages dont un excellent « L’ami américain. Washington contre de Gaulle (1940-1969) » dont nous avons déjà parlé dans ces colonnes.

Avec « De Gaulle et les Grands », il s’attaque aux rapports complexes que le dirigeant de la France libre, devenu ensuite président et fondateur d’une République française solide et rénovée par lui, a entretenu de par le monde avec nombre de grands chefs d’Etat. En une série de chapitres denses et incisifs Eric Branca commence logiquement par les Grands de la Seconde guerre mondiale, dont bien sûr Churchill, mais aussi Roosevelt et Staline avec lesquels les rapports furent intenses et souvent orageux.

Un chapitre très original est consacré à Ben Gourion car il va à l’encontre de ce que l’on lit trop souvent sur les tensions entre de Gaulle et Israël. En effet, Eric Branca nous montre, documents à l’appui, qu’une amitié forte et jamais démentie (même en 1967) lia toujours les deux hommes. Une amitié qui remontait à l’époque de la France libre et perdura jusqu’au bout.

Les deux derniers chapitres consacrés à Franco et plus encore à Mao correspondent à la fin de la vie du Général. Les faits que nous relate Eric Branca sont peu connus car après être allé se ressourcer en Irlande (en 1969), le Général s’est rendu en Espagne en 1970 où il a rencontré brièvement Franco, le dirigeant espagnol si controversé. Ce sera son dernier grand voyage. Mais le dernier chapitre du livre réserve une surprise au lecteur à propos de Mao et de De Gaulle. Il semble que les deux hommes ont entretenu une estime réciproque, même si chacun faisait des réserves sur les options politiques de l’autre...

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Dessins de guerre par André Warnod

André Warnod, dessins de guerre, présentés par Janine Warnod, éditions Lienart, 2016, 15 euros.


De même que Roland Dorgelès avait toujours la plume à la main pour prendre des notes, même dans les tranchées de Champagne, son ami André Warnod ne quittait jamais son crayon. Mobilisé le 2août 1914 comme Pierre Mac Orlan et plusieurs Montmartrois au 269ème d'infanterie, et bientôt désigné comme brancardier après une attaque allemande particulièrement meurtrière à Izel-lès-Equerchin, il fut capturé en septembre et interné en Saxe dans le camp de Mersebourg. Libéré en mai 1915 grâce à un échange de prisonniers obtenu par la Croix-Rouge, il rapporta de ce séjour forcé en Allemagne de nombreux croquis illustrant la vie quotidienne des prisonniers. Accompagnés de textes et publiés dès son retour dans Le Figaro,ces dessins d'André Warnod furent parmi les premiers témoignages rendus publics en France sur la vie des camps.

Jeanine Warnod, la fille d'André, a publié en souvenir de son père un joli petit ouvrage intitulé André Warnod, Dessins de guerre. Après un bref rappel biographique, on y trouve de nombreux croquis, mais aussi des extraits de lettres envoyées du front à sa fiancée et d'articles publiés dès son retour d'Allemagne.

Voir l'article sur Montmartre en 1914

Destin français par Eric Zemmour

Eric Zemmour "Destin français”

(Albin Michel) 24,50 euros .

Dans Destin Français, Eric Zemmour nous parle tout d'abord d'un temps pas si ancien que cela : celui de l'enfance dans les années 1960 où il n' y avait pas de rupture entre l'école et la télévision, celui où le petit Zemmour participait intensément au duel Danton-Robespierre de l'émission réalisée par les historiens Alain Decaux et André Castelot,"La caméra explore le temps". Dans ce continent englouti de l'enfance, il se révoltait contre la misère de Jacquou le Croquant et tombait amoureux d'Aurore de Nevers héroïne du "Bossu” par le cinéaste André Hunebelle...

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Jacques Rouil
Jacques Rouil
        Dans la peau d’un Gaulois. Essai sur une identité française, éditions Feuillages, 2015. 18 euros.
        Voyage dans une France inquiète. Révolution, émancipation, modernisation et désillusions du progrès dans un terroir normand, Préface de Jean-Pierre Le Goff. Editions Quint’feuille, 2019. 20 euros.

Il y a peu on disait encore « Régions » et le mot laissait deviner la riche diversité des paysages français. Aujourd’hui on parle de « Territoires », fruits sans âme d’un découpage administratif qui préfère l’économie à la géographie. Il y a peu, les villes s’ouvraient sur des campagnes ennoblies par le travail des hommes, aujourd’hui elles sont entourées de hideuses zones commerciales et/ou industrielles plaquées sur d’arides surfaces bétonnées. Il y a peu, on aimait les paysans qui, souvent au prix d’un dur labeur, nourrissaient leurs concitoyens. Aujourd’hui on accuse la majorité d’entre-eux de polluer, d’empoisonner, de détruire la nature. Il y a peu les citadins restaient proches des campagnes, les vraies, celles où presque chaque habitant avait ses clapiers, son poulailler, parfois quelques chèvres, et cultivait ses légumes à partir des graines qu’il pouvait recueillir chaque année. Aujourd’hui on ne commercialise plus que des variétés de légumes hybrides dont les graines sont stériles, et les citadins confondent volontiers espaces agricoles et espaces de loisirs.
        Alors, si l’on veut comprendre le désarroi emprunt de nostalgie de ceux d’entre nous qui se souviennent des campagnes de la France d’autrefois, il faut lire ces deux ouvrages du Normand Jacques Rouil. Né et élevé dans une ferme du bocage manchot avant de quitter la terre pour devenir journaliste, Jacques Rouil fait revivre et dénonce avec amertume, mais aussi avec une émotion teintée de poésie, la disparition de la vie rurale traditionnelle dans les années 1970, et de valeurs culturelles transmises de génération en génération. Reprenant par défi et avec fierté ce surnom de « Gaulois » dont des populations d’une culture totalement étrangère à la nôtre nous ont affublés avec mépris, il ne cache pas son inquiétude...

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Juin 1940 - Gilles Ragache
Gilles Ragache qui a multiplié ces dernières années des études originales sur les années 1940 ( notamment Les 18 juin chez Larousse et Les combats oubliés des armées du Centre [15 - 25 juin 1940 ] chez Economica) nous livre une histoire quasiment exhaustive du terrible mois de juin 1940 . Exhaustive et qui se lit comme un roman . C ' est notamment ce qui fait le sel de cette analyse minutieuse,  nous livrer des détails ignorés ou inconnus pour mieux faire comprendre la complexité des enjeux  de cette période. Ainsi le travail  sur  archives  permet d ' aller au-delà des clichés et des fausses évidences historiques  sur la débâcle  et nous fait découvrir la formidable résistance d ' une partie de l ' armée française  ( la VII ème du général Frère) à l ' avancée  de la Wehrrmacht  . Une résistance qui n 'est vraiment pas symbolique puisqu 'elle dessine la future ligne de démarcation !
On croit tout connaître de  l ' exode qui a été maintes fois porté à l ' écran dans des fictions et des documentaires...JUIN 1940 nuance largement cette idée reçue. Ainsi, aux alentours du 14 juin , Gilles  Ragache note malicieusement que les élites parisiennes, ont décidé de " se replier ". Il s 'en suit des situations dignes d ' un scénario qu ' on n 'oserait imaginer.Dans l ' affolement Picasso et Dora Maar se trompent de direction et...tombent aux mains de l ' armée allemande. Simone de Beauvoir connaît la même mésaventure et se dit impressionnée " par la jeunesse et le bonheur " des envahisseurs...

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La folle aventure de la langue française - Lorànt Deutsch
Lorànt Deutsch
ROMANESQUE
La folle aventure de la langue française
Editions Michel Lafon. 2018.

L’histoire d’une langue peut s’apparenter à une chorégraphie plus ou moins désordonnée : deux pas en avant, un pas en arrière, quelques pas de côté… La naissance et l’évolution de notre langue, que Lorànt Deutsch qualifie de « folle aventure », témoignent des influences multiples que le français en devenir a subies, acceptées ou rejetées au cours de sa longue histoire. Cette histoire linguistique, comme le raconte Lorànt Deutsch, est étroitement liée aux événements politiques, sociaux, culturels et diplomatiques qui ont agité notre pays. Très tôt les gouvernants ont compris que la langue, ciment d’une nation, leur était un auxiliaire indispensable. Ainsi peut-elle être le « fait du Prince » : si nous continuons à parler une langue en partie héritée du latin, c’est grâce à Clovis qui romanisa son royaume pour mieux l’unifier. Et si le français supplanta le latin dans la langue judiciaire, c’est par la volonté de François 1er qui promulgua l’Edit de Villers-Cotterêts en 1539. Il arriva toutefois que certaines innovations imposées par l’Etat soient rapidement abandonnées, faute d’un consensus populaire. Ainsi en fut-il des mesures autoritaires prises par les légistes de la Révolution française pour changer les noms des mois dans le nouveau calendrier officiel et ceux de bien des communes, et même de remplacer « Monsieur » par « Citoyen »…
Car une langue est aussi le produit de l’usage que l’on en fait. L’auteur rappelle par exemple le rôle discret mais important des copistes qui, avant l’invention de l’imprimerie, transformèrent peu à peu la langue écrite pour la rendre à la fois plus pratique et plus lisible. De même poètes et trouvères contribuèrent à répandre dès le Moyen Age la langue romane, véritable ancêtre de notre français moderne qu’ils préféraient au latin.
D’une lecture aisée, l’ouvrage de Lorànt Deutsch foisonne d’anecdotes ayant trait aux emprunts du français à d’autres langues ou aux multiples tentatives pour réformer l’orthographe qui ont jalonné son histoire...

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Le réveil des morts - Roland Dorgelès

Roland Dorgelès, Le Réveil des morts

Albin Michel, 1923

Réédition. Le Trotteur ailé, coll. « Lettres de Picardie », 2010.


Il y a cent ans, le 11 novembre 1918 à 11 heures, le clairon Sellier sonnait le cessez-le-feu tant espéré depuis 52 mois de guerre. Si cette sonnerie signifiait la fin des combats pour les centaines de milliers d’hommes encore présents sur le champ de bataille, elle signifiait aussi, pour les habitants des régions libérées du Nord et de l’Est de la France, l’immense espoir de rentrer enfin chez eux pour y reprendre une vie normale. Hélas dans la plupart des cas, tout n’y était que ruines inhabitables, sols pollués impropres à la culture, usines éventrées,voies de communications coupées ...

Parmi les départements dévastés, l’Aisne avait été le plus touché. L’écrivain Roland Dorgelès, qui avait combattu dans les tranchées près du Chemin des Dames au cours du premier hiver de la guerre, y effectua en 1922 un sombre pèlerinage au cours duquel il découvrit les blessures profondes infligées par la guerre à ce qu’il appela les « pays aplatis ». Malgré tout les habitants y revenaient peu à peu. Tout y était à reconstruire, à « reconstituer », selon la terminologie officielle. Roland Dorgelès s’embaucha alors comme métreur chez un architecte, s’installa à Celles-sur-Aisne dans une baraque provisoire de la ferme de Chimy et, pendant plusieurs semaines, il put observer l’acharnement désespéré avec lequel les premiers habitants revenus au pays essayaient de relever les ruines de ce qui avait été leur village. Il tira de son séjour un roman, Le Réveil des morts qui, sous couvert d’une intrigue sentimentale bien menée, relate les efforts incessants de ces populations sinistrées, tout en dénonçant avec virulence les tracasseries administratives et l’indifférence auxquelles elles se heurtent. Il ne cache pas sa colère contre les profiteurs de tout poil qui s’abattent sur la région, trafiquants de dommages de guerre ou, pire encore, marchands de morts amassant des fortunes en obtenant de juteux marchés pour déterrer les nombreux cadavres encore enfouis dans le sol, travail qu’ils bâclent souvent sans respect pour ces morts et leurs familles.

Pour en savoir plus voir Claude-Catherine Ragache, Roland Dorgelès, combattant, journaliste, écrivain, Economica, 2015.


L'épopée américaine de la France

De 1534, date de l'accostage de Jacques Cartier dans la Baie des Chaleurs, à 1803, date de la vente par Bonaparte de la Louisiane aux Américains, la France a réussi à se maintenir près de trois siècles sur le vaste continent nord-américain. En une trentaine de chapitres alertes, Alain Dubos nous conte cette longue aventure fertile en rebondissements, marquée par une rivalité incessante avec les Anglais alliés des Iroquois, ponctuée de sièges et de combats, riche de rêves et de réussites, mais hélas aussi de déceptions. On y découvre des hommes et des femmes au caractère bien trempé, sans le courage desquels cette épopée n'aurait pu avoir lieu, des soldats, des religieuses, des coureurs des bois, des trappeurs, des marins, des bâtisseurs... Tous, qu'ils soient nobles ou roturiers, religieux ou laïcs, ont participé à cette belle aventure de la Nouvelle-France dont seul reste aujourd'hui l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon.

 

Alain Dubos, L'Epopée américaine de la France. Histoires de la Nouvelle-France, Editions Bertrand-Lacoste, 2017. 19,50 Euros

Les clochards de la gloire - Alexis Le Gall

Alexis Le Gall: Les clochards de la gloire.

Editions Charles Hérissey. 2017. 22 euros


Alexis Le Gall n’a pas encore 18 ans quand, avec une poignée de camarades, il décide de quitter Audierne le 18juin 1940 à bord de l’Ar Zenith pour Ouessant d’où il gagnera l’Angleterre. A cette date, il ne connaît pas encore le général de Gaulle et n’a pas entendu son appel à la radio mais une fois en Grande Bretagne il s’engage sans hésiter dans les Forces Françaises Libres en cours de constitution où il retrouve des Chasseurs et des légionnaires de retour de Norvège. Ensemble ils forment le noyau initial de cette armée improvisée qui n’a encore ni uniforme, ni armement ni règlement. Il faudra tout improviser dans une situation de pénurie chronique surtout les premiers mois, d’où le titre du livre «Les clochards de la gloire». Sur un ton mesuré, sobre mais avec passion, Alexis Le Gall retrace alors son itinéraire qui est celui de nombreuses unités de la France libre : d’abord un entrainement difficile en Angleterre puis l’envoi au Cameroun dans un bataillon de tirailleurs où ce n’est pas drôle tous les jours. Commence alors un périple incroyable par le Tchad, l’Egypte, la Syrie et enfin la Lybie où le bataillon livre ses premiers combats contre les Italiens et les Allemands.


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Les tyrannosaures de la République

Jean-Joël Bregeon et Gérard Guicheteau

Les Tyrannosaures de la République

Éditions du Rocher (2017) 18 euros


Les " Tyrannosaures de la République" est un ouvrage éclairant à double titre.

Il nous renvoie, tout d'abord, à la réalité la plus crue en dirigeant les projecteurs sur les années 1793-1794 au cours desquelles nombre de responsables révolutionnaires ont servi avec zèle la Terreur érigée en système de gouvernement des hommes. Ensuite, les auteurs, Jean-Joël Bregeon et Gérard Guicheteau, nous rappellent que pendant des dizaines d'années (près de 70 ans) la gauche marxiste et ses alliés ont sciemment ignoré, voire distrait aux regards, certains faits qui dérangeaient leur explication (simpliste) du monde.Aujourd'hui, le constat est affligeant à propos de cette histoire hémiplégique... À tel point que bien des historiens tentent maintenant non plus de disculper mais de minorer le rôle des superprédateurs que furent les"Tyrannosaures” de la 1ère République française...

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